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Casque, gilet et bon sens : au final, à qui revient la responsabilité ?

12 août
3 min de lecture

Il est curieux de constater qu’il faille créer une règle pour rappeler aux gens quelque chose qui devrait être évident. Désormais, à Paris et dans la petite couronne, les personnes circulant en trottinette électrique devront porter un casque ainsi qu’un gilet ou un équipement réfléchissant. La justification est tout à fait raisonnable : les accidents graves et mortels impliquant ces engins ont augmenté et, face à cette situation, le préfet de police a décidé de durcir les règles.


Jusque-là, rien de surprenant. Un casque protège la tête et un équipement réfléchissant rend son utilisateur plus visible. Ce n’est pas exactement une découverte scientifique.


Ce qui m’interpelle, c’est autre chose.


Faut-il vraiment obliger un adulte à porter un casque pour qu’il comprenne qu’une chute depuis un engin pouvant dépasser les 20 km/h risque de mal se terminer ?


Je sais que certains répondront oui : l’État existe précisément pour encadrer ce que les individus ne parviennent pas à faire seuls. Et ils ont peut-être raison. Après tout, si chacun faisait preuve de bon sens, nous aurions probablement beaucoup moins de lois, beaucoup moins de contrôles et, surtout, beaucoup moins de panneaux indiquant ce que toute personne un minimum attentive devrait déjà savoir.


Le problème, c’est que l’histoire ne s’arrête pas au casque.


Le reportage montre que, même après l’entrée en vigueur de la règle, la majorité des utilisateurs observés dans les rues de Paris continuaient à rouler sans casque et sans gilet. Quelques jours plus tard, la police menait déjà des opérations de contrôle et annonçait que les infractions seraient sanctionnées.


Et c’est là que les choses deviennent intéressantes.


Si une règle doit être créée parce que les gens manquent de bon sens et que, une fois créée, elle doit être contrôlée parce qu’ils continuent à en manquer, alors le problème ne réside peut-être pas uniquement dans l’absence de règles.


Il se trouve peut-être dans l’absence de responsabilité.


Je ne dis pas qu’il ne faut pas imposer le casque. Bien au contraire. Lorsqu’une activité comporte des risques, protéger sa tête semble être une décision assez simple. Il en va de même pour la visibilité dans la circulation. Lorsqu’on partage la route avec des voitures, des bus, des camions et des motos, on ne devrait pas avoir besoin d’un décret pour comprendre qu’être vu est une bonne idée.


Mais il existe une énorme différence entre créer une règle pour améliorer la sécurité et croire qu’une règle, à elle seule, produira de la sécurité.


Ce ne sera pas le cas.


On peut imposer le casque, le gilet, les amendes, les contrôles, et même placer un policier derrière chaque trottinette. Si l’utilisateur continue à brûler les feux rouges, à rouler à contresens, à se faufiler entre les voitures ou à utiliser le trottoir comme une piste privée, les accidents continueront.


Et cela vaut pour bien plus que les trottinettes.


Nous vivons à une époque où il semble nécessaire de tout réglementer. Il faut dire aux gens où ils peuvent fumer, où ils peuvent se garer, quand ils peuvent circuler, ce qu’ils doivent porter et même comment ils doivent utiliser certains équipements. Et chaque nouvelle règle naît généralement d’un problème réel.


Le problème, c’est que, petit à petit, nous transférons à la loi une responsabilité qui devrait commencer en chacun de nous.


Le casque sera peut-être obligatoire. Le gilet aussi. L’amende pourra tomber, accompagnée de contrôles.


Mais l’essentiel, lui, ne pourra jamais être réglementé : le bon sens.


Et malheureusement, aucun casque ne peut le protéger.


Sources:


 
 
 

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